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Il y a quelques mois, je vous partageais ici mon combat contre un cancer du côlon à 45 ans. Un article extrêmement personnel, sans doute l’un des plus difficiles que j’ai eu à écrire jusqu’à présent, mais aussi l’un des plus importants parce qu’il racontait, avec mes mots, ce que l’on traverse lorsque la maladie surgit dans une vie qui jusque-là semblait suivre son cours “normalement”.

J’y parlais du choc de l’annonce, des traitements, des peurs que l’on garde parfois pour soi, des montagnes russes émotionnelles que l’on apprend malgré tout à traverser, mais aussi de cette envie très forte de continuer à avancer, même dans les moments où tout semble vaciller.

Depuis cet article, le temps ne s’écoule plus tout à fait de la même façon. Les semaines sont désormais rythmées par les séances de chimiothérapie, les jours plus difficiles qui suivent, puis ces moments où les effets secondaires s’apaisent enfin un peu et où l’on retrouve doucement l’envie de profiter des choses simples.

La maladie laisse forcément des traces. Physiques bien sûr, avec ce corps qu’il faut apprendre à regarder autrement, ses cicatrices, sa fatigue parfois encore présente et cette sensation étrange de ne plus toujours se reconnaître totalement dans le miroir. Mais elle transforme aussi profondément le regard que l’on porte sur sa vie, sur ses priorités et sur la façon dont on prend soin de soi.

Parce qu’il y a forcément un avant et un après.

Avant la maladie, j’étais persuadée d’avoir une hygiène de vie plutôt équilibrée. Je faisais du sport, je mangeais relativement sainement et, honnêtement, je pensais que cela suffisait largement. J’adorais les moments entre amis, les apéros en terrasse dès que le soleil revenait, et j’étais typiquement le genre de personne à vouloir profiter des premiers rayons sans forcément penser aux conséquences pour la peau. Ainsi, tout ce qui relevait du soin du corps passait un peu à la trappe. Je prenais finalement très peu de temps pour vraiment nourrir ma peau ou écouter ce que mon corps essayait peut-être déjà de me dire.

Et puis, un jour, le corps rappelle qu’il existe.

C’est quelque chose que la maladie m’a obligée à regarder autrement. Alors aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de tout ce que cette épreuve m’a appris autour du soin du corps, de la peau, du rapport à soi, mais aussi de cette nécessité que nous avons tous, malades ou non, de ralentir un peu et d’apprendre à nous écouter davantage. Parce qu’au fond, on ne devrait pas attendre d’être malade pour commencer à prendre soin de soi.

Réapprendre à vivre avec ce nouveau corps

Je crois que l’un des aspects les plus difficiles de la maladie, et dont on parle finalement assez peu, c’est le rapport à l’image de soi. Il faut apprendre à vivre avec un corps qui change, un corps parfois fatigué, un corps qui porte désormais des cicatrices visibles mais aussi invisibles. Il faut accepter certains jours où l’on ne se reconnaît plus vraiment, où l’on se trouve différent(e), fragilisé(e), moins sûr(e) de soi.

Et honnêtement, il y a des moments où l’image de soi en prend un vrai coup. Je pense à toutes ces journées où l’on n’a pas envie de s’habiller, où l’on n’a même plus l’énergie de prendre soin de soi, où l’on voudrait simplement rester couchée parce qu’affronter son reflet dans le miroir demande déjà beaucoup trop d’efforts.

Il y a aussi ce moment très particulier où l’on voit ses cheveux changer progressivement. Les voir tomber pendant la douche par poignées, en retrouver partout au fil de la journée, sentir cette masse de cheveux que l’on connaît par cœur devenir de plus en plus légère entre ses mains. Voir aussi ses cheveux ne plus réagir comme avant, ne plus tenir un brushing, devenir plus secs, plus fragiles, plus difficiles à coiffer… Cela peut sembler “superficiel” vu de l’extérieur, surtout lorsqu’on parle d’une maladie grave, mais quand on le vit, cela touche forcément à quelque chose de très intime. Parce que les cheveux, la peau, le visage, tout cela participe aussi à l’image que l’on a de soi et à la façon dont on se sent dans son propre corps.

Et à ce moment-là, j’ai une pensée émue pour les femmes atteintes d’un cancer du sein. Je les trouve profondément admirables, parce qu’en vivant moi-même ces changements physiques, même partiels, j’imagine encore davantage la violence que peut représenter le fait de perdre totalement ses cheveux, mais aussi une partie de sa poitrine, qui touche si profondément à la féminité, à l’identité et au regard que l’on porte sur soi.

Pourtant, au milieu de tout cela, j’ai quand même découvert quelque chose auquel je n’avais jamais vraiment réfléchi auparavant : prendre soin de son corps n’a rien de superficiel. Au contraire même. Avec le recul, je me rends compte que ces petits gestes que l’on peut considérer comme anodins [hydrater sa peau, prendre le temps de se masser les mains, mettre une crème de jour ou de nuit, s’habiller dans des vêtements dans lesquels on se sent bien] deviennent parfois une manière de se reconnecter à soi-même lorsque tout le reste semble nous échapper.

Grâce aux socio-esthéticiennes, aux ateliers proposés par l’association Ma Parenthèse ou encore aux soins de support de mon hôpital, j’ai appris énormément de choses ces derniers mois. Et je me suis souvent dit que c’était dommage de découvrir tout cela uniquement maintenant, à travers la maladie. Parce qu’en réalité, ces conseils et cette attention portée au corps devraient faire partie de nos vies bien avant.

Le soin de la peau : une vraie découverte

Depuis mon adolescence, j’ai des problèmes d’eczéma ou de peau sensible. Des soucis, qui, jusque là, ne me gênaient pas.

Ma routine beauté se résumait souvent à une crème de jour rapidement appliquée avant le maquillage et un démaquillage express le soir avant de m’écrouler dans le lit. Je n’avais jamais réellement réfléchi à ce que ma peau subissait chaque jour : la pollution, le stress, la fatigue, les UV, les changements hormonaux, les produits parfois trop agressifs que l’on applique sans vraiment regarder leur composition.

Et puis, au fil des échanges avec les socio-esthéticiennes, j’ai compris combien notre peau est sollicitée en permanence, en particulier sur des zones comme le visage, les mains, le cou ou encore les pieds, et à quel point elle mérite en réalité que l’on y prête beaucoup plus d’attention qu’on ne le fait habituellement.

Ces moments d’accompagnement ont aussi été l’occasion de tester de nombreuses crèmes et produits de différentes marques, parfois plus ou moins connues du grand public, comme Eye Care Cosmetics, Ozalys, Uriage, mais aussi MÊME Cosmetics. C’est d’ailleurs celle-ci que je me suis permis de contacter directement, assez naturellement, pour leur demander si je pouvais tester certains de leurs produits. Ils ont eu la gentillesse d’accepter immédiatement, avec beaucoup de bienveillance.

Ce que j’ai aimé chez MÊME, c’est que l’on sent immédiatement que la marque a été pensée par des personnes qui comprennent réellement ce que traversent les patients pendant les traitements. Tout est formulé pour les peaux fragilisées, avec cette volonté de trouver le bon équilibre entre naturalité, efficacité et sécurité, sans tomber dans un discours anxiogène ou culpabilisant.

Leur charte éthique explique qu’ils privilégient des formules les plus saines possibles, développées et fabriquées en France, avec des ingrédients sélectionnés pour limiter au maximum les substances controversées. Et au-delà des produits, je crois que ce qui m’a aussi touchée, c’est leur approche profondément humaine. On ne nous vend pas une image de perfection ou une “beauté idéale”. On nous rappelle simplement que l’on a le droit de continuer à prendre soin de soi, même lorsque le corps est fragilisé par les traitements.

J’ai donc eu l’occasion de découvrir plusieurs de leurs soins du quotidien, comme l’huile lavante, la crème pour le corps ou encore le fluide solaire SPF50+. Des produits que j’ai rapidement intégrés à ma routine parce qu’ils sont à la fois doux, rassurants et très agréables à utiliser au quotidien lorsque la peau devient plus fragile. Et j’ai même fini par acheter le stick solaire SPF50+ en complément, tellement je le trouve pratique à glisser dans un sac et à avoir toujours sur soi, notamment pour les retouches dans la journée.

MEME Cosmetics | Jupette et Salopette

Par contre, je n’ai pas encore eu l’occasion de tester leurs vernis au silicium, pourtant souvent recommandés pendant certaines chimiothérapies pour aider à protéger les ongles fragilisés par les traitements et les UV. Les teintes opaques sont notamment conseillées pour créer une barrière protectrice contre la photosensibilisation liée à certains traitements. 

Comme ma chimiothérapie est moins agressive pour les ongles que certains protocoles utilisés notamment dans le cancer du sein, j’ai fait le choix perso de continuer à me faire plaisir avec un renforcement au gel et un remplissage toutes les trois à quatre semaines. J’en avais d’ailleurs déjà parlé dans mon article sur le semi-permanent. Et honnêtement, cela participe aussi à mon bien-être moral : continuer à avoir des gestes de coquetterie “comme avant” m’aide à préserver une forme de normalité pendant les traitements.

Le fait que ce soit une amie qui se déplace directement à domicile change aussi énormément les choses. Les jours de fatigue, ne pas avoir à sortir ou à passer plusieurs heures en institut est un vrai confort. Bien sûr, j’essaie de rester attentive à la santé de mes ongles et à leur évolution au fil des cures, mais pour l’instant cela me convient parfaitement et me permet de continuer à prendre soin de moi d’une manière qui me fait du bien.

Ces petits gestes qui font du bien

Finalement, cela m’a fait réfléchir à quelque chose de beaucoup plus large : nous devrions tous faire davantage attention aux produits que nous utilisons au quotidien, même lorsque tout va bien. Pas dans une logique de peur ou d’obsession, mais simplement dans une logique de respect de soi.

Les traitements ont aussi rendu mes mains et mes pieds beaucoup plus sensibles. J’ai des sensations de picotements, des raideurs qui apparaissent notamment avec le froid, et une peau qui s’assèche beaucoup plus rapidement qu’avant.

Alors aujourd’hui, j’essaie de prendre un peu plus de temps pour écouter mon corps et lui apporter ce dont il a besoin. Cela passe parfois par des choses très simples : prendre quelques minutes pour masser mes mains ou mes pieds avec une crème nourrissante (merci et Big Up à Fabienne et Amélie qui nous ont montré comment s’automasser pendant l’atelier belle et bien), hydrater davantage ma peau ou simplement ralentir un peu lorsque je sens que mon corps me demande une pause.

Et puis il y a aussi tout ce qui touche au bien-être de manière plus globale. Une journée en thalassothérapie par exemple où l’on peut profiter de massages du corps par exemple, lorsque cela est autorisé par les médecins, qui peuvent vraiment faire du bien. Bien sûr, il faut toujours demander conseil à son oncologue pour savoir ce qui est possible ou non pendant les traitements, mais ces moments permettent parfois de se reconnecter un peu à son corps dans une période où l’on a souvent tendance à ne plus voir celui-ci qu’à travers la maladie.

Cela peut paraître anodin, mais ces petits gestes apportent énormément de réconfort.

Le soleil : un ami dont il faut se méfier

Il y a aussi un sujet dont j’avais envie de parler parce qu’il m’a énormément surprise pendant les traitements : le soleil.

Avec certaines chimiothérapies, on peut devenir photosensible, c’est-à-dire que la peau réagit beaucoup plus fortement à l’exposition solaire.

Et pour quelqu’un comme moi qui adore le soleil, cela a été un vrai choc au départ. J’aime tout ce qu’il représente : cette sensation de chaleur sur la peau, les longues journées d’été, le moral qui remonte dès qu’il fait beau, les vêtements légers, cette impression de liberté que l’on ressent pendant les vacances… Alors, quand on m’a expliqué qu’il fallait désormais faire beaucoup plus attention, j’ai eu peur au début de devoir renoncer à tout cela.

Avant le cancer voyages | Jupette et Salopette

Mais en réalité, cela ne veut pas dire arrêter de vivre ou rester enfermée. Cela signifie simplement apprendre à se protéger intelligemment.

Et honnêtement, je trouve que l’on banalise encore énormément les dangers du soleil aujourd’hui.

Oui, le soleil apporte du bien-être, de la vitamine D et joue sur le moral. Mais les rayons UV peuvent aussi provoquer des dégâts importants sur la peau : vieillissement prématuré, taches pigmentaires, brûlures et augmentation du risque de cancers cutanés.

L’été dernier, on a même vu apparaître sur les réseaux sociaux des tendances comme les “sun tattoos” ou les “tan lines”, qui consistent à se brûler volontairement la peau pour créer des marques de bronzage. Quand on voit cela, on se rend compte qu’il y a encore énormément de prévention à faire autour des risques liés au soleil.

Alors aujourd’hui, la protection solaire est devenue un vrai sujet pour moi. Crème SPF50+, lunettes, chapeau… Ce sont désormais des réflexes que j’essaie d’adopter systématiquement.

Et puis, en faisant des recherches, j’ai découvert quelque chose dont je n’avais quasiment jamais entendu parler auparavant : les vêtements anti-UV.

J’avoue qu’au début, j’ai associé vêtements anti-UV à tenue technique, presque médicalisée, loin de l’idée que je me faisais de la mode ou simplement du plaisir de s’habiller. Et puis, j’ai découvert Ker Sun.

Là encore, ce qui m’a touchée en premier, c’est l’histoire derrière la marque. Ker Sun est née de l’expérience personnelle de Claudia Galeana, diagnostiquée d’un lupus, une maladie auto-immune aggravée par l’exposition solaire. Elle expliquait qu’elle ne trouvait à l’époque que des vêtements très sportifs ou techniques qui lui rappelaient constamment sa maladie et qu’elle avait fini par éviter certaines sorties ou journées très ensoleillées parce qu’elle ne se sentait tout simplement plus elle-même dans ces vêtements.

Alors avec son mari, elle a décidé de créer une marque capable de proposer des vêtements anti-UV élégants, confortables et pensés pour le quotidien, afin que les personnes concernées puissent continuer à profiter de la vie normalement sans avoir le sentiment que leur maladie définisse leur apparence.

Parce qu’après une maladie, on a déjà suffisamment de choses qui nous rappellent ce que l’on traverse, sans avoir besoin que nos vêtements viennent en ajouter une couche supplémentaire. Alors pouvoir porter des pièces qui protègent réellement la peau tout en restant jolies, confortables et faciles à intégrer dans un dressing du quotidien, cela change beaucoup de choses dans la manière dont on vit l’été, les sorties ou simplement les journées en extérieur. Et je trouve cette démarche profondément positive.

Ce que j’ai aussi beaucoup apprécié chez Ker Sun, c’est l’attention portée aux détails, et notamment au choix des tissus, notamment à leur capacité à être portés longtemps sans inconfort, même lorsqu’il fait chaud. On sent qu’il y a une vraie réflexion derrière chaque pièce, pas seulement sur l’aspect protection anti-UV, mais aussi sur la manière dont le vêtement va vivre avec nous au quotidien, dans la vraie vie, celle qui bouge, qui transpire, qui ne s’arrête pas aux conditions idéales.

J’ai également été sensible au fait que, lorsqu’ils le peuvent, ils cherchent à produire en France ou en Europe, avec une volonté de mieux maîtriser la fabrication et de s’inscrire dans une démarche plus responsable, à la fois sur la qualité et sur l’impact des vêtements que l’on porte.

Et là encore, un peu dans la continuité de MÊME Cosmetics, je me suis autorisée à prendre contact directement avec la marque pour leur proposer de tester certains de leurs produits. J’y suis allée assez naturellement, presque simplement, sans trop réfléchir, en leur expliquant mon parcours et en leur demandant s’il était possible de découvrir quelques pièces afin d’en parler ensuite ici, sur le blog.

Ils ont été adorables dans leur réponse et ont accepté de m’envoyer une sélection de mon choix, ce qui m’a vraiment touchée. J’ai donc reçu un tee-shirt manches longues marinière made in France, un bob, un foulard léopard ainsi qu’un ensemble de maillot de bain à culotte haute, particulièrement couvrant au niveau des zones où j’ai mes cicatrices. 

Bob Ker Sun UPF 50+ | Jupette et Salopette

Des pièces à la fois très différentes, mais qui représentent parfaitement cette idée d’une protection solaire qui ne renonce ni au style, ni au plaisir de s’habiller. Et au-delà de l’aspect protection, j’ai aussi eu cette sensation très personnelle que ces vêtements me correspondent vraiment. Le tee-shirt marinière, le foulard léopard, le bob ou encore le maillot de bain taille haute ne sont pas simplement des pièces techniques, ce sont aussi des pièces que j’aurais pu choisir spontanément pour mes looks d’été, pour voyager, pour flâner ou pour profiter de moments simples au soleil. Il y a une vraie cohérence avec mon style, avec mes envies, et avec la façon dont j’aime m’habiller au quotidien.

Bob Ker Sun et Marinière Made in France UPF 50+ | Jupette et Salopette

Au fond, la maladie m’a appris quelque chose de très simple : notre corps nous accompagne toute notre vie, et pourtant nous passons énormément de temps à l’ignorer. On le pousse toujours un peu plus loin, on minimise sa fatigue, on repousse ses signaux d’alerte et l’on finit par considérer comme normal ce rythme permanent dans lequel nous vivons tous aujourd’hui.

Alors qu’au contraire, notre corps mérite probablement beaucoup plus d’attention, de douceur et de respect que ce qu’on lui accorde habituellement. Prendre soin de soi, ce n’est pas seulement mettre une crème ou porter un chapeau au soleil. C’est apprendre à ralentir un peu, mieux dormir, mieux manger, faire du sport, respirer davantage, prendre le temps de faire les choses, accepter aussi de lever le pied lorsque cela devient nécessaire sans culpabiliser en permanence.

Et surtout, arrêter d’attendre d’aller mal pour commencer à le faire. Parce qu’au final, prendre soin de soi n’est pas un luxe. C’est essentiel.

Voilà, j’espère que ce nouvel article aura été bénéfique pour vous et qu’il vous permettra de refléchir un peu sur votre manière de prendre soin de votre peau et de votre corps en général. N’hésitez pas à me dire en commentaire si vous souhaitez ralentir enfin ! Ou si vous aviez déjà pris ce chemin. Je vous dit à très bientôt. Prenez soin de vous.

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