Sommaire
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais faire le tri dans son dressing est toujours un moment que je repousse. Un peu comme ces tâches que l’on sait nécessaires, mais que l’on n’a jamais vraiment envie d’affronter. On ouvre les placards, on jette un œil rapide, et puis on referme en se disant qu’on prendra le temps “un autre jour”.
Et pourtant, ces derniers temps, j’avais vraiment envie de faire évoluer ma façon de consommer. D’acheter moins, mais mieux. De me tourner vers des pièces plus intemporelles, de privilégier les belles matières, et surtout de construire un dressing plus cohérent, plus aligné avec moi.
D’ailleurs, cette réflexion avait déjà commencé il y a quelque temps, notamment après ma séance de conseil en image avec Marion. Cette expérience m’avait permis de mieux comprendre ce qui me va, ce que j’aime vraiment porter… et surtout ce qui, au fond, n’avait plus vraiment sa place dans mon dressing.
Sur le papier, tout semblait donc assez clair. Mais dans la réalité, une question revenait sans cesse, jusqu’à devenir un vrai point de blocage : qu’est-ce que je fais de tous les vêtements que je ne porte plus ?
J’ai essayé de trouver des solutions.
Vendre sur Vinted ? L’idée est séduisante, mais entre les photos à prendre, les échanges avec les acheteuses, les négociations, les colis à préparer… je savais que je n’aurais ni le temps ni l’énergie de m’y tenir sur la durée.
Les dépôts-vente ? Une alternative qui me correspondait déjà davantage, mais qui s’est vite révélée compliquée à mettre en place. Entre les sélections, les contraintes et surtout les plannings souvent complets plusieurs semaines à l’avance, il devenait difficile de passer à l’action rapidement.
Résultat, comme souvent dans ces cas-là, je n’ai rien fait. Mon dressing est resté tel quel, rempli de vêtements que je ne portais plus vraiment, mais que je n’arrivais pas à faire sortir. Et mon envie de consommer mieux, elle, est restée en suspens, comme une bonne intention que l’on repousse sans cesse.
Jusqu’au jour où, presque par hasard, une discussion m’a ouvert une autre possibilité. C’est en échangeant avec Roxane la gérante du dépôt-vente La Ritournelle, que j’ai entendu parler d’un concept que je ne connaissais pas encore, et qui, pour la première fois, semblait vraiment adapté à la réalité de nos vies.
Amma Dressing : un service pour faire le tri autrement
Amma Dressing est une structure créée en 2024 par Marguerite Le Clercq de Lannoy, née d’une conviction simple : le vêtement a un véritable pouvoir sur la façon dont on se perçoit et dont on se sent au quotidien. Passionnée de mode depuis toujours, Marguerite a imaginé un service à la personne qui va bien au-delà de la simple revente de vêtements.
Il s’agit d’une approche qui s’inscrit pleinement dans une démarche plus responsable, en donnant une seconde vie aux vêtements et en encourageant une consommation plus consciente, plus durable, et surtout plus alignée avec soi.
Mais au-delà de l’aspect pratique, ce que je trouve intéressant dans cette démarche, c’est l’accompagnement. Marguerite apporte un regard objectif, et facilite les décisions.
Marguerite propose donc plusieurs services, tous autour du dressing :
- Les collectes à domicile, où elle vient récupérer les pièces que vous souhaitez revendre ou donner. Car Marguerite les collecte également pour un volet solidaire qui m’a beaucoup touché (je vous en reparle plus bas).
- L’accompagnement au tri, pour celles qui ne savent pas par où commencer.
- La réorganisation complète du dressing, avec un vrai travail de fond (tri, nettoyage, rangement, remise en cohérence).
- Et même des sessions de personal shopping dans son showroom, avec une sélection de pièces adaptées à chaque cliente.
Parce que trier son dressing, ce n’est pas seulement vider des cintres.
C’est aussi faire le point sur ce que l’on aime vraiment, sur ce que l’on porte, sur l’image que l’on veut renvoyer, un peu dans la continuité de ce que j’avais déjà expérimenté lors de ma séance de conseil en image.
Et pour le coup, je ne me suis pas arrêtée à la découverte du concept. J’ai eu envie d’aller plus loin, de comprendre vraiment comment cela fonctionnait… et surtout de tester.
Quelques jours plus tard, Marguerite est donc venue directement chez moi.
Une expérience à domicile qui change vraiment la donne
Pour commencer, savoir que Marguerite venait à la maison m’a déjà bien motivé !
Comme je savais qu’elle ne collectait pas les pièces issues de fast fashion (type Zara, H&M, etc.), j’ai fait un premier tri dans ma penderie.
Sélectionner les pièces, les repasser et les poser sur un lit m’a déjà permis de me rendre compte de deux choses : j’avais oublié que je possédais certains vêtements, et ensuite que j’avais dû porter certaines pièces seulement une ou deux fois. Preuve que nous consommons vraiment trop et surtout que nous n’avons absolument pas besoin d’autant dans nos gardes robes.
Ensuite, pendant près de deux heures, Marguerite m’a accompagnée, guidée, questionnée aussi.
C’est là que son expertise prend tout son sens. Ce n’est pas simplement une question de “j’aime / je n’aime plus”. C’est une vraie sélection, avec une logique de revente derrière. Certaines pièces que je pensais intéressantes ne l’étaient finalement pas tant que ça, et à l’inverse, elle a su repérer des vêtements que je sous-estimais complètement.

Après avoir observé avec son regard affuté les vêtements qu’elle pouvait revendre dans la sélection que j’ai faite, nous avons également pris le temps de jeter un oeil dans mes placards.
Elle a tout sorti, tout regardé, tout remis en perspective. Et surtout, elle a apporté ce regard extérieur qui change tout. Celui qui permet de prendre des décisions plus facilement, sans rester bloquée dans le “je garde au cas où”. Là où j’aurais hésité, tout devenait plus simple, plus fluide.

Dans le dressing, elle prend également le temps de me montrer comment ranger son dressing pour voir plus rapidement ce que l’on possède, ce qui peut aller ensemble. Ses tips pour ne pas abîmer un vêtement, en le mettant par exemple sur un cintre à pinces plutôt que plié dans le dressing sont des petits plus très instructifs pour permettre au vêtement de mieux vieillir avec le temps.

Rien ne se perd, et c’est peut-être ce qui m’a le plus marquée
Au fil du tri, Marguerite m’explique aussi ce que deviendront les vêtements. Toutes les pièces ne peuvent pas être revendues, et c’est totalement assumé. Elle reste sélective, notamment sur les marques, mais aussi sur l’état général des vêtements. L’idée n’est pas de tout vendre à tout prix, mais de proposer des pièces qui ont un réel potentiel.
Et pour tout le reste, il y a une vraie réflexion.
Les vêtements qui ne sont pas retenus pour la revente sont destinés au don si on est partante. Marguerite travaille avec plusieurs associations nantaises, notamment auprès de femmes victimes de violences ou en situation de grande vulnérabilité. Mais ce qui m’a particulièrement touchée, c’est qu’elle ne s’arrête pas là. Elle intervient aussi bénévolement dans ces associations, autour de l’estime de soi à travers le vêtement. Les pièces deviennent alors bien plus que de simples dons : elles participent à redonner confiance, à aider ces femmes à se réapproprier leur image.
À ce moment-là, j’ai compris que son projet allait bien au-delà d’un simple service.
Concrètement, comment ça fonctionne ensuite ?
Une fois la collecte faite, tout est pris en charge. Marguerite enregistre chaque pièce, estime un prix de vente en fonction du marché, puis envoie un tableau détaillé pour validation. J’ai trouvé ça intéressant, parce que rien n’est figé : on peut ajuster, récupérer une pièce trop sentimentale, ou au contraire décider de vendre plus rapidement.
Ensuite, les vêtements sont mis en ligne sur son compte Vinted Pro et proposés dans son showroom. Elle gère tout : les photos, les échanges, le suivi, mais aussi le bon timing pour vendre au bon moment.
Les pièces restent en dépôt pendant deux mois, et à la fin, elle reverse 50 % du montant des ventes.
Et là encore, plusieurs choix : récupérer les invendus… ou les laisser partir en don. Et pour l’argent récolté, soit il vous est versé, soit vous pouvez faire le choix d’avoir une « cagnotte » au showroom pour choisir de nouveaux vêtements !
Un showroom à Nantes, entre bijoux et dressing inspirant
Au-delà du travail à domicile et de l’accompagnement autour des dressings, Amma Dressing a aussi un ancrage très concret à Nantes : un showroom où Marguerite reçoit ses clientes.

C’est un lieu qui ne ressemble pas à une boutique classique. Il fonctionne plutôt comme un espace hybride, à la fois point de dépôt, lieu de sélection et espace d’inspiration autour du vêtement.
Et, ce qui rend cet endroit encore plus intéressant, c’est qu’il est partagé.
Marguerite y cohabite avec Émilie, la fondatrice de la marque de bijoux Parci Parla, une créatrice nantaise dont l’univers solaire et délicat complète parfaitement celui d’Amma Dressing. Deux univers différents, mais une même sensibilité autour du beau, du durable et du sens que l’on donne aux objets que l’on porte.


Dans ce showroom, on ne vient pas seulement déposer ou récupérer des vêtements. On vient aussi prendre le temps de regarder, d’essayer, de se projeter différemment. Il y a quelque chose de plus lent, presque plus intime que dans un magasin classique. Et finalement, cela fait parfaitement écho à ce que propose Marguerite à travers Amma : remettre du sens dans notre rapport au vêtement, mais aussi dans la manière dont on consomme, dont on choisit, dont on garde ou dont on se sépare.
Ce que ça a vraiment changé pour moi
Avec le recul, après la prestation, je me rends compte que ce tri a eu un impact bien plus large que prévu.
Mon dressing est plus clair, évidemment. Mais surtout, il est plus cohérent. Je vois mieux ce que j’ai, je porte plus facilement mes vêtements, et j’ai cette sensation assez nouvelle de ne plus être “submergée”.
Et surtout, ça a débloqué quelque chose. Cette fameuse envie de consommer mieux, qui était restée au stade d’intention, est enfin devenue concrète.
Derrière Amma Dressing : une vraie reconversion
En échangeant avec Marguerite, j’ai aussi voulu comprendre d’où venait Amma Dressing. Et en réalité, ce projet ne s’est pas construit du jour au lendemain. Elle m’explique qu’elle a toujours eu, depuis ses 20 ans, l’idée de créer sa propre entreprise. Pas forcément avec un concept précis en tête au départ, mais avec cette envie un peu ancrée : un jour, elle créerait quelque chose à elle.
Et en parallèle, il y avait déjà cette passion très forte pour le vêtement. L’achat, la revente, le neuf, la seconde main… un terrain de jeu qu’elle explorait déjà bien avant de penser à en faire un métier. Le vrai déclic arrive presque par hasard, après avoir reçu un courrier des impôts lui indiquant qu’elle était imposable sur ses revenus Vinted. Une activité qu’elle faisait pourtant simplement à côté de son travail salarié.
C’est à ce moment-là qu’elle prend conscience que ce qu’elle considère comme un “à-côté” commence en réalité à prendre de la place. Et surtout, que ce n’est plus seulement un hobby. Elle continue ensuite son parcours salarié, notamment dans l’industrie pharmaceutique, avant de connaître une période de chômage. Et c’est là que tout s’accélère.
Le déclic est également venu avec la naissance de sa fille. Élever seule un enfant tout en enchaînant les déplacements professionnels est rapidement devenu incompatible avec la vie qu’elle souhaitait construire. Elle décide alors de se réorienter, tout en gardant cette envie, présente depuis toujours, de créer sa propre activité.
Son entourage continue de lui demander de l’aide pour ses propres dressings. Sa sœur, sa mère, des amies… toutes lui confient leurs vêtements en lui disant qu’elle a “le truc” pour revendre et valoriser les pièces. Jusqu’au moment où sa mère lui glisse simplement : “Fais-le pour moi, et prends une commission.”
Et petit à petit, les choses s’alignent. Elle commence à assembler les pièces du puzzle, à tester, à accompagner, à vendre… jusqu’à ce que l’idée devienne évidente : il y avait quelque chose à construire autour de ça. Mais entre l’idée et le passage à l’action, il y a eu une vraie étape.
Marguerite me raconte d’ailleurs que la reconversion était une évidence, mais qu’elle a mis du temps à vraiment se lancer. Elle se décrit comme une femme impatiente, qui vit à 1000 à l’heure, et pour qui, ralentir a été l’une des étapes les plus difficiles. Elle a pourtant pris le temps de bien faire les choses : business plan, accompagnement, coach professionnelle pendant plusieurs mois… toute la partie invisible mais essentielle à la création d’une entreprise.
Et c’est probablement aussi ce qui rend Amma Dressing aussi solide aujourd’hui : ce mélange entre une idée intuitive, presque évidente, et un vrai travail de construction derrière.
Le vêtement, un sujet bien plus profond qu’on ne le pense
Ce qui m’a particulièrement marquée dans nos échanges, c’est la façon dont Marguerite parle du vêtement. Pour elle, ce n’est pas qu’une question de style ou de consommation : C’est un outil.
Un outil de confiance en soi, d’expression, parfois même de reconstruction.
Elle me confie d’ailleurs que, derrière chaque pièce, il y a une histoire : un souvenir, une période de vie, une émotion. Et c’est aussi ce qui rend le tri si difficile. On ne se sépare pas seulement d’un vêtement. On se sépare parfois d’un moment, d’une version de soi.
Pourquoi c’est si difficile de faire le tri ?
Avec le recul, plusieurs freins ressortent clairement : le manque de temps, la charge mentale, l’attachement émotionnel et aussi, tout simplement… l’absence de solution simple.
Comme le souligne Marguerite, nous vivons dans une société de surconsommation, où il est très facile d’acheter, mais beaucoup plus compliqué de faire machine arrière. Et dans ce contexte, trier son dressing passe souvent au second plan.
Marguerite me confiait d’ailleurs que beaucoup de femmes qu’elle accompagne arrivent avec cette même sensation : l’envie de faire mieux, mais sans réussir à enclencher le mouvement. Une fois le tri amorcé, tout devient plus simple. Les choix s’éclaircissent, le rapport aux vêtements évolue, et surtout, on se sent beaucoup plus légère.
C’est aussi ce que j’ai trouvé intéressant dans cette approche : elle ne repose pas sur une injonction à consommer autrement, mais sur une aide concrète pour y parvenir, à son rythme, sans pression.
Pour terminer, un service payant… mais accessible
Évidemment, ce type d’accompagnement a un coût. Comme je l’ai expliqué précédemment, une revente sur son compte Vinted vous rapporte 50% du prix estimé.
La réorganisation du dressing est facturée 50 euros de l’heure et pour la collecte/dépôt de vêtements, comptez 20 euros. Tous les tarifs sont disponibles sur son site.
Mais ce qui est intéressant, c’est que les prestations proposées par Amma Dressing entrent dans le cadre des services à la personne. Concrètement, cela signifie que vous bénéficiez d’un crédit d’impôt de 50 % sur les prestations de service.
Autrement dit : par exemple, une intervention à 100 € vous revient en réalité à 50 €. Un point qui rend le service beaucoup plus accessible, et qui peut clairement faire la différence lorsque l’on hésite à se lancer.
Pour ma part, au final, ce que je retiens de cette expérience, c’est qu’on aborde souvent la mode responsable par le prisme de l’achat : acheter mieux , acheter moins, choisir des marques engagées.
Mais on parle beaucoup moins de l’étape d’avant : faire de la place, comprendre son dressing et surtout se détacher du superflu. Et pourtant, c’est peut-être là que tout commence.
Faire le tri, ce n’est pas anodin, ce n’est pas rapide et surtout ce n’est pas toujours facile. Mais avec le bon accompagnement, cela peut devenir beaucoup plus simple… et même, osons le dire, presque libérateur.
J’espère que cet article vous aura été utile et vous donnera vous aussi l’envie de trier votre dressing, en faisant pourquoi pas appel à Marguerite ou à quelqu’un qui propose ce service si vous n’habitez pas dans la région nantaise.
A bientôt.





