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Il y a des régions qui se dévoilent différemment selon les saisons. La Bretagne, elle, ne se révèle jamais autant qu’à l’automne. Quand la brume s’envole au-dessus des lacs, que les forêts se parent d’ocre et de roux, que les légendes semblent murmurer entre deux gouttes de pluie… C’est dans ce décor magique que nous avons repris la route pour un long week-end pendant les vacances scolaires de la Toussaint, cette fois à bord d’un van aménagé, pour une escapade entre lacs, forêts enchantées et montagnes bretonnes.

Un an plus tôt, nous étions déjà tombés sous le charme de cette Bretagne de l’intérieur. Tout d’abord lors d’un échange de maisons via la plateforme HomeExchange. La cheminée que possédait Antony dans sa première maison nous manquait trop ! Alors, nous avons spécialement sélectionné une maison pour pouvoir profiter à nouveau du bonheur des soirées au coin du feu. Nous avions eu le plaisir de randonner autour du Lac de Guerlédan. Les souvenirs de ces paysages naturels bruts et sauvages m’avaient particulièrement marqué. Même souvenir pour les Monts d’Arrée, que nous avions eu l’occasion de découvrir, en duo avec des chiens de traineau ! Antony, qui connaissait mon affection pour les animaux, m’avait offert une sortie cani-cross dans ce magnifique terrain de jeu.

Nous nous étions promis de revenir. Mais différemment. Plus libres. Plus proches des éléments. C’est comme ça qu’est née l’idée de parcourir cette Bretagne mystérieuse en van — dans cet esprit de mouvement et de simplicité dont j’ai déjà eu l’occasion de parler dans mon dernier article sur notre expérience de vie en fourgon aménagé pendant deux mois. J’y raconte comment nous sommes tombés amoureux de cette façon de voyager et de vivre.

Travel Camper : un bel esprit de liberté

Ce long week-end de road trip a été possible grâce à Travel Camper, une belle entreprise basée dans le Pays de Retz, ma terre d’enfance.

J’aime leur philosophie : celle d’une liberté à la fois simple et vraie, d’un retour à l’essentiel. Des précurseurs dans l’histoire de la location de van, à une époque où la « vanlife » n’était encore qu’un rêve d’évasion un peu bohème.

L’histoire commence avec Wilfried Alteirac, déjà propriétaire d’un Volkswagen Combi T2 de 1978, un modèle emblématique qui lui a permis de découvrir la route, le voyage et cet esprit nomade. En 2009, lors d’un voyage en Australie, il est conquis par le concept de location de vans aménagés. De retour en France, il partage cette vision avec son ami Maël Cussonneau, et ensemble ils fondent Travel Camper en 2011.

Si au départ l’activité démarre avec la location de vans, Wilfried et Maël ont rapidement compris et suivi les attentes du marché et des van-lifers. Dès 2015, l’entreprise a ajouté à la location un réel volet aménagement : aujourd’hui, tous leurs vans sont conçus, aménagés et optimisés dans leur atelier, pour offrir robustesse, confort et autonomie. Il est possible de louer, mais aussi d’acheter les vans qu’ils équipent !

Travel Camper et toute l’équipe que nous avons rencontrés incarnent ce que nous aimons tant : l’union de la passion (pour les vans Combi légendaires), de l’artisanat (l’aménagement des véhicules) et de la liberté (la location pour partir à l’aventure). Quand ils ont accepté de collaborer avec nous et proposé de tester leur tout dernier modèle, l’Explorer, c’était un peu comme revenir aux sources — dans un esprit nomade et authentique.

Le van Explorer : notre cocon d’aventure

Ce van, c’est un peu la définition du juste essentiel. L’Explorer est un Volkswagen T6.1, équipé d’un moteur 2.0 TDI de 150 chevaux, idéal pour les routes bretonnes. La boîte automatique DSG 7 rend la conduite hyper fluide et agréable, même pour les filles comme moi, qui préfèrent la mission de copilote, pour s’occuper plutôt de la musique et des spots à ne pas manquer. Et puis, comme votre chéri(e) n’a plus à s’occuper du passage de vitesse, vous pouvez poser votre tête sur son épaule et lui prendre la main. Romantique à souhait !

Testées et approuvées, les applis Android auto et Apple Car Play. Hyper pratique pour connecter directement le téléphone et profiter ainsi de WAZE, Maps (plus pratique que le GPS du van) ou de nos playlists. Le van dispose également d’une caméra de recul et de radars avants et arrières. Vraiment pratique quand on ne maîtrise pas encore la longueur du véhicule.

A l’intérieur du van, pas de superflu, mais tout ce qu’il faut pour être bien à deux. Si le van ne dispose pas d’un toit relevable, un couchage 2 places (200 x 120 cm) est disponible à l’intérieur et hyper facile à installer (en moins de 30 sec !). Pour toujours plus de confort, Travel Camper propose en option des surmatelas. On a adoré profiter de la vue en ouvrant le coffre au petit matin.

Road trip en van Travel Camper | Jupette et Salopette

En soirée, c’est également parfait pour les couchers de soleil improvisés. Autres bons points : de nombreux rangements astucieux, une plaque gaz hyper fonctionnelle, et surtout un système d’eau ingénieux de 15 litres, avec un évier assez grand pour la vaisselle et un petit frigo, parfait pour contenir de quoi se préparer un pique-nique ou un petit repas en amoureux.

Road trip en van Travel Camper | Jupette et Salopette

En revanche, on ne va pas se mentir, il faisait frais le matin et en soirée. Le van que l’on nous a prêté n’était pas équipé d’un chauffage stationnaire. Mais rassurez-vous, tous les autres vans de Travel Camper en ont et good news : à l’avenir, les Explorer auront aussi le droit à un chauffage stationnaire !

Idem pour la douche, pas d’eau chaude disponible dans ce modèle. Mais c’est aussi ça l’expérience ! Vivre autrement, loin de son confort. Alors on s’adapte, on se couvre, on prévoit des affaires plus chaudes, on prépare des soupes et on anticipe en prévoyant une halte dans un espace aquatique pendant le séjour.

C’est ce type de simplicité qu’on aime dans la vanlife : celle qui ne cherche pas à en faire trop, mais qui permet de se sentir pleinement libre.

Maintenant que nous avons fait le tour du van, je vous propose de revenir sur notre road trip avec notamment la présentation des spots qui nous ont enchantés.

Itinéraire entre le lac de Guerlédan et les Monts d’Arrée

Jour 1 – Lac de Guerlédan et Abbaye de Bon-Repos : premières brumes, premiers émerveillements.

Dès les premiers kilomètres, la magie opère. Les feuilles virevoltent sur la route, la pluie fine perle sur le pare-brise. Nous arrivons en fin d’après-midi au lac de Guerlédan, vaste miroir d’eau bordé de forêts flamboyantes. Un pays qui pourrait rappeler le Canada. 

Avec ses 40 km de sentiers balisés, le tour du lac permet d’explorer des paysages pittoresques, notamment grâce à certains belvédères, qui offrent des vues imprenables sur les eaux turquoise du lac. Les sentiers sont principalement balisés par le GR341 et sont accessibles à différents niveaux de randonneurs.

Lac de Guerlédan Bretagne | Jupette et Salopette

Mais derrière cette douceur se cache une histoire surprenante : le lac est artificiel. Il s’est formé à la suite de la construction du barrage de Guerlédan, un chantier commencé dans les années 1920 pour retenir les eaux du Blavet et produire de l’électricité. Le lac, long de plusieurs kilomètres et profond au pied du barrage, est aujourd’hui le plus grand lac artificiel de Bretagne. La création du barrage a noyé une ancienne vallée et lors des vidanges régulières du lac, on découvre parfois les vestiges de la vie qui l’occupait autrefois : maisons, parcelles, morceaux de routes… Un paysage quasi lunaire qui révèle des strates d’histoire.

Hors saison, le calme est absolu. Nous installons notre van face à l’Abbaye de Bon-Repos, un lieu poétique. Des toilettes sèches sont disponibles et très propres, un petit luxe hyper pratique, qui nous permet un repos parfait et un réveil sur une vue douce.

Abbaye de Bon-Repos Guerlédan | Jupette et Salopette

Réveil Abbaye de Bon-Repos Bretagne | Jupette et Salopette

Astuce : pour les besoins pratiques (vidage des eaux usées, plein d’eau, toilettes), le parking de la gare de Guerlédan est idéal. Et juste à proximité, vous trouverez un Intermarché pour faire le plein ou quelques courses. En face, une boutique locale propose des gourmandises — crêpes, galettes, biscuits, boissons… De quoi déguster les meilleures spécialités bretonnes. La brasserie de Guerlédan est également une halte très sympa pour tester les bières brassées localement.

Jour 2 – Gorges du Corong et la vallée des Saints : entre légendes et géants de granit

Le lendemain, cap sur les Gorges du Corong, un amas de granite que la rivière du Follezou a sculpté depuis des millénaires. Les blocs arrondis, la mousse dense et les ruisseaux sinueux donnent au site une atmosphère presque magique, comme si des géants avaient disposé les pierres à leur guise. Selon la légende bretonne, c’est le géant Boudédé qui aurait répandu ces blocs en traversant la vallée.

Les gorges font partie des landes de Locarn, un territoire protégé de 350 hectares où landes, tourbières et chaos rocheux cohabitent avec une biodiversité remarquable. Le sentier qui traverse le site permet d’admirer chaque roche, et de sentir la force mystique de ce lieu, amplifiée par la lumière dorée de l’automne, et les feuilles qui tapissent le sol.

Gorges du Corong Bretagne intérieure | Jupette et Salopette

D’ailleurs le site n’est pas hyper simple d’accès. Je vous recommande d’utiliser Google Maps pour y accéder, plutôt que Waze, qui nous a emmené de l’autre côté des gorges.

Puis vient la Vallée des Saints. L’endroit est touristique, mais surprenant et à faire. Il s’agit d’un vrai projet collectif qui a pris forme depuis 2008 et qui rassemble aujourd’hui plusieurs centaines de sculptures monumentales en granit, réalisées par des sculpteurs contemporains. C’est une sorte d’Île de Pâques bretonne : chaque statue est l’œuvre d’un artiste différent, inspirée par la tradition des Saints bretons et par les figures légendaires de la Bretagne. Le projet vise à préserver et promouvoir la culture populaire bretonne à travers la sculpture, et le site invite à un parcours artistique et spirituel en pleine nature.

La Vallée des Saints Bretagne intérieure | Jupette et Salopette

Après cette dernière escapade, nous nous sommes dirigés vers Carhaix pour notre deuxième halte. Nous avons fait le choix d’un emplacement pratique plutôt excentré de Carhaix : près de la rue de l’église dans le village avoisinant, Le Moustoir, avec toilettes publiques et grand parking. Même si le dimanche matin peut être ponctué par la sonnerie de l’église, l’endroit reste idéal pour un arrêt sûr et confortable.

Nous avons également choisi cet arrêt car nous avions prévu le lendemain une matinée détente à l’Espace Aqualudique du Poher Plijadour, pour prendre une douche bien chaude, et nous offrir un moment bien-être dans l’espace, qui offre sauna et hammam en complément de la piscine municipale.

Pratique : si vous souhaitez dîner dans le coin, deux adresses renommées méritent le détour à Carhaix : la crêperie Ty Gwechall et la crêperie Le Renard et la Belette. Ces restaurants sont très prisés. Je vous recommande donc de réserver à l’avance.

Jour 3 – La forêt de Huelgoat : au royaume des fées et du Diable

En fin de matinée, cap vers Huelgoat, une étape incontournable pour les amoureux de nature et de mystères.

Forêt de Huelgoat Bretagne intérieure | Jupette et Salopette

Le lac, au cœur du village, reflète les feuillages roux et dorés. C’est un paysage idyllique à contempler pendant une pause déjeuner. C’est aussi ça, la magie du voyage en van : pouvoir s’arrêter quand on veut et où on veut.

La forêt de Huelgoat est un passage obligé pour tout voyageur en quête de mystère. L’automne y transforme la forêt en théâtre enchanté : brumes, feuilles rouges et or, roches sculptées par le temps et jolies mousses vertes sur ces blocs de pierre. Chaque sentier semble être un passage vers un autre monde, peuplé de roches aux formes étranges : parmi nos préférées, la célèbre Roche Tremblante, la Grotte du Diable et le Champignon. Chaque pierre, chaque ruisseau murmure une légende ancienne, amplifiant le sentiment d’être plongé dans un conte de fées automnal.

La roche tremblante : ce bloc de granite de 137 tonnes repose en équilibre et peut légèrement osciller sous une poussée. Selon la légende, ce rocher serait un projectile lancé par le géant Gargantua. 

La grotte du diable : située sous de gigantesques blocs de granit, on peut visualiser l’eau qui semble déchainée, et la lumière qui s’introduit de façon presque surnaturelle. On raconte qu’un révolutionnaire s’y serait caché, projetant une ombre effrayante qui fit croire aux poursuivants qu’il s’agissait du diable. Une autre légende évoque un passage vers l’enfer, ponctué de 99 auberges où le diable attend les imprudents.

Le Champignon : immense bloc granitique en forme de champignon, il semble être un vestige d’un monde ancien, témoin des légendes et de l’imaginaire de la forêt. Sa forme inhabituelle contribue à l’atmosphère féerique et mystérieuse.

Champignon Forêt de Huelgoat | Jupette et Salopette

Jour 4 – Les Monts d’Arrée et Brennilis : aux portes de l’enfer breton

Pour notre dernière soirée, nous profitons d’une éclaircie pour nous rendre sur les hauteurs des Monts d’Arrée, lieu idéal pour un shooting de van improvisé. C’est ensuite en contrebas que nous choisissons un spot isolé près du lac de Brennilis, au cœur des Monts d’Arrée. L’adresse : 1220 ZA Parc d’Entreprises. Le lieu est situé contre le barrage. Même si la vue n’est pas idyllique, nous sommes seuls au monde, avec à nouveau des toilettes publiques bien pratiques. Le lendemain ou en soirée, le spot permet d’aller nous balader le long du lac et de profiter de la vue directe sur les Monts d’Arrée.

Monts d'Arrée Bretagne | Jupette et Salopette

Là encore, la géologie et la légende se mêlent : les Monts d’Arrée constituent un massif ancien, façonné il y a des centaines de millions d’années, autrefois bien plus élevé avant l’érosion. Aujourd’hui, leurs sommets modérés dominent une lande rase et des tourbières — des étendues où le sol retient l’eau et où la végétation compose un tapis vivant et fragile.

Retour par Pont-Aven : douceurs bretonnes et dernier souffle d’automne

En matinée, nous partons explorer le Mont Saint-Michel de Brasparts, qui domine la lande et offre des panoramas dramatiques : roches, vent, horizons lointains. Le froid pique, la lande gronde sous le vent, mais l’émotion, elle, réchauffe tout.

Sur la route du retour, nous faisons escale à Pont-Aven, le village des peintres et des saveurs. Une pause déjeuner chez Aven Ice Café pour goûter leurs gaufres au sarrasin — un délice ! Et bien sûr, impossible de repartir sans un kouign-amann ou un gâteau breton de la Maison Le Darz. Un dernier clin d’œil gourmand à cette Bretagne généreuse et authentique.

Ce week-end en Bretagne, c’était une parenthèse.

Un moment suspendu entre le chaud et le froid, entre la pluie et la lumière, entre le confort du van et la rudesse du vent. L’automne, c’est cette saison que j’aime tant : celle qui invite à ralentir, à contempler, à se reconnecter à l’essentiel. 

En roulant sur ces routes bordées de châtaigniers, je me disais que la vanlife, c’est aussi ça : une façon de se laisser porter, de ne pas trop prévoir, de simplement être là. Et quand le moteur s’éteint le soir, que le silence s’installe et que la nuit tombe sur la lande, on comprend que la vraie richesse, c’est le temps. Celui qu’on prend. Celui qu’on partage. Celui qu’on vit. 

J’espère qu’avec cet article, je vous ai également donné l’envie de partir en van life, découvrir certaines régions proches de nous, magiques, mais encore méconnues. Si c’est le cas, j’ai un cadeau pour vous ! Travel Camper vous offre 5% de remise sur votre prochaine réservation, valable jusqu’au 31/03/2026 avec le code : J&S2025!

N’hésitez pas si vous avez des questions. Je serais ravie de vous répondre.

A bientôt !

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